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Tulipmania
Au 17è siècle, l'expérimentation horticole donna naissance à de nouvelles
variétés de tulipes. Uniquement accessibles aux riches, ces hybrides exotiques
et onéreux étaient convoités pour leur beauté, leur rareté et leur prestige.
Lorsque les classes moyennes commencèrent à se rendre compte des sommes d'argent
que la bourgeoisie dépensait pour les bulbes de tulipes mais aussi celles
qu'elles gagnaient en les vendant, ces premières virent là un moyen infaillible
de s'enrichir rapidement.
Ainsi, la « tulipomania » était née. Les bulbes étaient vendus au poids, alors
qu'ils étaient encore en terre. Il suffisait pour devenir riche, d'en planter et
d'attendre. C'est ainsi que l'on vint à nommer l'achat et la vente des fleurs,
qui n'étaient pas encore sorties de terre : « le commerce du vent ».
Les commerçants pouvaient gagner jusqu'à 30.000 Euros par mois, une
commission non négligeable même au 21è siècle !
Tout le monde voulait à tout prix tirer profit de cette folie qu'était devenu le
commerce des plantes à bulbe. Les petits commerces furent vendus et les bijoux
de famille troqués. Les gouvernements locaux essayèrent, sans succès, de rendre
ce commerce légal. Comme tout commerce en pleine expansion, celui-ci était
légiféré par l'économie et non par le gouvernement. Le marché s'effondra au
cours de l'année 1637 lorsqu'un groupe de négociants en bulbes ne put vendre sa
marchandise au prix, il est vrai excessif mais habituel. La rumeur se propagea
rapidement et le marché s'effondra. Des milliers d'hommes d'affaires hollandais,
parmi lesquels les têtes pensantes de l'économie du pays, furent ruinés en moins
de deux mois. Une série de mauvaises nouvelles pour l'année 1637!
Les
bulbes sont synonymes des Pays-Bas depuis très longtemps. Il est difficile de
trouver des fleurs plus robustes que les « tulipes d’Amsterdam ». Les jardins de
Keukenhof et leurs espaces plantés avec des bulbes sont connus de façon
spectaculaire à travers le monde. Il faut, tout de même, rappeler que le berceau
de la tulipe c’est la Turquie.
Sous le règne de Suleyman II, cette fleur était très populaire. La tulipe était
présente dans tous les jardins du palais. Ce grand intérêt pour ce bulbe s’est
également manifesté chez le noble flamand Ogier Ghislain de busbecq (1522-1592),
ambassadeur de l’empereur d’Autriche Ferdinand I. Il a mentionné cette fleur
dans l’une de ses correspondances avec Carolus Clusius à Vienne en 1555. A cette
époque, Clusius était le préfet du jardin impérial d’herbes aromatiques de la
capitale d’Autriche. En 1559, dans l’Europe de L’ouest, le botaniste Conrad
Gesner fut le témoin de la floraison de la première tulipe turque. La première
tulipe hâtive, la tulipe Schrenkii, est originaire de la région de kaffa qui se
situe sur la péninsule de Crimée bordée au sud et à l’ouest par la Mer Noire.
Elle présente les caractéristiques de la tulipe « Duc van Tol » et peut être
considérée comme la première tulipe simple hâtive et la plus ancienne -existant
toujours- des cultivars de tulipes. Quand Clusius vint dans la ville de Leiden,
il planta vraisemblablement les premières tulipes au jardin botanique « Hortus »
de Leiden aux Pays-Bas en 1593. En étant préfet durant une longue période, il
pouvait aisément obtenir des bulbes de tulipes et d’autres semences.